Bénévole, mon amour

Soucieux de préserver ma santé en trouvant un juste équilibre entre sport et clopes, je partis dimanche dernier courir sur le sentier côtier de l’île de Groix où je passais le week-end. J’y croisai de jeunes personnes en short avec des sacs de plage en bandoulière et un vieil homme voûté en salopette muni d’un sécateur grandes lames ; il taillait les branches des arbustes épineux qui bordaient le sentier pour élargir le passage. Plus tard, sur le ferry du retour, je songeai à ce type consacrant son temps libre à une tâche qui allait profiter à tous, sans réclamer une rémunération ou un avantage particulier. De la pure générosité, celle qui ne la ramène pas dans les fêtes caritatives avec son chèque géant.

Le monde tournerait moins rond sans les bénévoles. I’m from Rennes serait juste une idée qui flotte dans les cerveaux embrumés d’une bande de potes vacillant sur un trottoir à deux heure et quart du matin. Et les idées on s’en fout, on veut du réel. Alors, ouais, je vous le dis, j’aime les bénévoles. Ils sont l’armée invisible qui amorce la tireuse à bière, ramasse les mégots, s’active derrière la régie, veille à tout, mouille son tee-shirt et vous gratifie d’un sourire en vous rendant la monnaie, en plus !

Je vous kiffe les bénévoles ! Vaillantes petites mains du comptoir. Humbles serviteurs du son. Moines soldats de la technique. Le cœur pétri d’amour, chers bénévoles d’I’m from Rennes, je vous dédie cette première chronique, puisse le dieu de la musique vous accorder quelques grâces : inspiration, sentiment de plénitude, aventures sexuelles ou nouveaux amis, qu’importe le bénéfice, ce qui compte c’est ce que vous faites. Et ce que vous faites, c’est bien.

Raoul Kalin