Depuis 2012, le festival I’m from Rennes entend faire la part belle à la scène rennaise émergente. Et entend le faire de la meilleure manière possible, la plus accessible et efficiente lors du festival, mais également à l’aide de ses outils numériques tout au long de l’année (site Web, application mobile).

Le numérique représente aujourd’hui entre 3 et 5% des émissions de CO2 mondiaux. Voilà pourquoi un effort particulier est réaliser sur la mise en oeuvre de ces outils afin de minimiser leur empreinte numérique écologique. Nous parlons d’écoconception, dont l’objectif est de prendre en compte les impacts environnementaux du site Web et de l’application mobile à chaque étape de leur cycle de vie : des spécifications, à la conception fonctionnelle et graphique, jusqu’à l’utilisation finale, en passant par le développement et la maintenance.

En ce sens, les outils du festival I’m from Rennes sont conçus de façon sobre et responsable afin d’envisager une durée de vie supérieure prolongée. Ils peuvent accueillir des modifications sans changer toute la structure et s’adaptent aux évolutions technologiques.

Merci à tous les lieux partenaires : la brasserie Skumenn à Cesson-Sevigne, la brasserie de la Bizhhh au Rheu, la brasserie sainte-colombe à Corps-Nuds, la terrasse de l’école de musique de Mordelles, la piscine Saint-Georges, le marchand de bières et le parc du Thabor.

Merci à toutes les équipes qui travaillent dans l’ombre pour vous garantir un festival unique ! Merci aux 130 bénévoles nouveaux et anciens toujours fidèles au projet ! Merci aux artistes qui assurent toujours le spectacle avec une envie intacte d’années en années ! Et évidemment merci à vous, vous étiez 15 000 à parcourir les événements cette année !

❤️‍🔥 Votre soutien nous pousse à toujours nous surpasser pour vous offrir des surprises l’année prochaine ! ❤️‍🔥

Fin juillet nous avons réuni trois brasseries emblématiques pour créer la Sainte Sku’Bizhhh* ! Une weissbier légère mais avec du caractère !

Une bière unique qui sera en dégustation dès jeudi chez Skumenn puis vendredi à la Brasserie de la Bizhhh et samedi chez Sainte-Colombe. Retrouvez-là ensuite au Thabor du jeudi 15 au samedi 17 !

Sainte Sku’Bizhhh = Brasserie Sainte-Colombe + Brasserie Skumenn + Brasserie de la Bizhhh

Pour sa dixième édition le festival I’m from Rennes s’est placé sous le signe des retrouvailles. L’enthousiasme des artistes à l’idée de remonter sur scène après des mois d’arrêt, a donné envie au festival de se remobiliser afin d’imaginer des concepts de soirées et de mettre en avant cette foisonnante scène locale. Les festivaliers.ères goûtaient enfin de nouveau le plaisir d’écouter de la musique ensemble, de partager, d’échanger.

Le rendez-vous est pris en septembre 2022 !

Le festival remercie chaleureusement ses bénévoles, ses partenaires, les artistes, ses technicien.nes, ses prestataires et bien sûr le public !

Cette édition qui débutera dans une commune de la Métropole, se poursuivra sur les toits d’un quartier avec une vue splendide à 260° sur la ville. La décénie sera bouclée et marquera le début d’une nouvelle.

Toujours dans les quartiers, nous mettrons en musique des lieux de vie pittoresques. Nous installerons aussi des artistes sur une scene flottante. Et nous finirons dans la Maison du Peuple (Salle de la Cité) comme la toute première édition, dans ce haut lieu de la scène Rennaise. La décénie sera bouclée et marquera le début d’une nouvelle.

Nous continuerons à porter haut et fort les valeurs de développement durable au sein de l’association et du festival. Nous naviguerons entre nos bonnes pratiques et de nouvelles expérimentations pour accompagner ces concepts et événements curieux.

2012… La Maison du Peuple… Le pouvoir au peuple ! C’est là que tout a commencé pour I’m from Rennes, dans cette salle de la Cité, haut symbole de la culture musicale rennaise.

La Maison du Peuple a abrité les balbutiements d’un festival d’abord petit, fragile, peu connu. Et puis au fil des années, I’m from Rennes est devenu l’été indien musical incontournable de la ville et de la métropole. L’occasion, à chaque rentrée, de voir défiler la fine fleur des artistes de la scène rennaise. Le petit I’m from Rennes devenait grand ! Et devenait pour son public une référence en matière de découvertes et de rencontres, des tas de lieux pour venir avec son gobelet à la main hurler à deux centimètres de l’oreille de sa/son voisin.e : « ET TOI, SINON, T’AS VU QUOI D’BIEN ??? »

I’m from Rennes, c’est reparti de plus belle !

La musique, la parole, tout ce que Rennes compte d’émergent ou bien de confirmé au niveau des talents, investissait des lieux institutionnels, attendus, ou bien originaux, improbables, voire complètement dingos.

Et puis bim. 2020. Pandémie. Annulation du festival. Pas cool.

Certains donnaient la culture cliniquement morte, pouls inexistant, signes vitaux absents… Heure du décès, docteur ?

Hé bien non ! La musique, la fête, les arts renaissent toujours et reviennent en force cette année. I’m from Rennes, c’est reparti de plus belle ! Toute une semaine de culture, de rencontres, de vie. D’abord, on part en escapade, dans les quartiers, dans la métropole, avec des balades musicales, des skate park, un concert flottant sur la Vilaine… Et le retour du concert en un lieu tenu secret ! Parce que Rennes, c’est toute une métropole où on vit, on rigole, on s’aime et on kiffe. Ensuite, on réinvestit la Salle de la Cité pour trois jours de musiques et de paroles, qui culmineront avec une boum de ouf dimanche 26 après-midi ! Joli programme, non ?

Allez en avant, c’est le grand retour pour I’m from Rennes et c’est très bientôt !

Pour la convaincre définitivement de l’accompagner jeudi dernier au concert, sa maman a glissé le mot magique « tacos »… un casse-croûte qu’elle adore. Un autre petit détail chatouille sa curiosité et l’incite à y aller : à quoi ressemble le bâtiment où ses poumons se sont remplis d’air pour la première fois il y a 14 ans ?

Alysse est née à l’Hôtel Dieu. Ici, en plus de son en-cas mexicain, elle goûte le concert de Tristesse Club pour la présence affirmée des cordes. Oui, Alysse aime la guitare, elle l’a pratiquée pendant 2 ans et en possède deux : électrique et sèche. Son frère Léo préfère jouer de la batterie. Elle aurait pu s’appeler Alice, ce qui à l’oreille ne change rien, mais ses parents ont versé un peu de fantaisie dans son prénom. D’ailleurs, elle aime bien préciser l’orthographe quand, en début d’année, les professeurs découvrent leurs élèves. Petit plaisir, celui se sentir unique.

Dans la cour de l’Hôtel-Dieu, elle porte son regard sur les bâtiments bâti au XIXe siècle, ils ne coïncident pas avec l’idée qu’elle se faisait d’une maternité. Et demain ? Elle avoue un peu d’inquiétude depuis que le mot climat sonne comme une menace. Alors elle aimerait bien s’engager dans un métier où elle peut faire quelque chose de concret pour l’écologie.

Et nous ? Les + de 18 ans ? Nous qui écrivons la partition… sans doute est-il venu l’heure de suspendre les paroles de colère, d’espoir, d’indignation et d’agir sans faire de pub. Sans attendre que les autres commencent. Qui est prêt pour entreprendre une nouvelle et étrange aventure ? Celle de réduire tout de suite nos plaisirs gavés d’électricité et de moteurs… ? Pour Alysse, Léo et tous les autres ?

Raoul Kalin

Embarqués sur un bateau électrique, le temps d’une mini-croisière sur la Vilaine, 6 festivaliers sous le coup de l’émotion expliquent comment l’expérience musico-fluviale a changé le cours de leur vie.

Ils se sont inscrits pour voir le concert du trio acoustique Güz II. S’imaginant rejoindre un appartement, ils suivent Malo* en toute confiance qui les conduit vers un ponton où flottent paresseusement six petites navettes. On leur remet un gilet de sauvetage orange, certains l’enfilent abasourdis, d’autres, ayant repéré du coin de l’œil la présence de Ganaël* et de son reflex, se méfient d’une carrière ou d’un début d’histoire d’amour réduit en miette à cause d’une vidéo en libre circulation sur les réseaux sociaux.

Une demi-bière plus tard, nous filons tel un hors-bord de contrebande, le visage fouetté par les gerbes d’eau et les yeux plissés par l’embrasement crépusculaire de la Vilaine. Louison, notre pilote, scrute la surface de l’eau pour éviter de percuter les gardons qui se prélassent entre deux eaux après une grosse journée à fouiller la vase. Nous accostons un ponton sur une île en forme de haricot, là nous attendent les trois musiciens de Güz II. L’apéritif sonore est une joyeuse composition de voix, saxo, violon et banjo, parsemée d’un peu de flûte et de clavier que soutient la boîte à rythme de secours (l’autre est tombé dans l’eau). Standing ovation dans les esquifs. Au retour, noyés d’émotion, les inconnus dans le bateau se regardent et les langues se délient.

« Je vais lancer un nouveau courant » nous confie Elodie « Le rock aquatique », et Kenza de renchérir : « Tu as raison… c’était fort… je ne l’oublierai jamais. Jamais ! ». Lulu hésite, on la sent bouleversée, elle se ressaisit et assène : « Je vais installer ma famille dans une maison au bord d’une rivière ! ». Louison, qui pilote d’une main nonchalante, se redresse et crie : « Et moi passer mon permis bateau ! », Claire l’encourage d’un hochement de tête, elle envisage maintenant d’expérimenter des choses un peu folles à Rennes, dit-elle d’un air mystérieux. Les regards se tournent alors vers Pauline qui n’a encore rien dit. Elle désigne Elodie et Claire : « Pour mon retour à Rennes, mes amies m’ont invité à cette soirée surprise… se sentir aimé comme ça… waouw… ». Silence on the boat. S’ils le pouvaient, les gardons applaudiraient. Je m’empresse de noter ce moment magique dans mon calepin gondolé par l’humidité.

Raoul Kalin

JEU

Saurez-vous identifier sur la photo Kenza, Louison, Lulu, Elodie, Pauline et Claire à partir de leurs citations ?

* Pour protéger l’anonymat de Max et Gilles, les prénoms ont été changés

Il faut un méga sentiment de liberté pour se trimbaler à un concert metal avec sur le dos un tee-shirt à l’effigie de Will Smith. Vendredi 13 septembre, lancement simultané du festival et de décibels saturées. Rien n’est laissé au hasard dans le choix des vêtements. Les looks comptent double. Ils gueulent une préférence, portée par le noir, confirmée par le nom d’un groupe à la typographie hérissée ou dans l’ébrouement d’une chevelure qui laisse au chroniqueur en perte de vitesse capillaire un sentiment mitigé d’admiration et de nostalgie. Le metal a gardé un certain goût pour le spectacle, la démesure et la fantaisie. Sur scène, on se régale. Et le public n’est pas en reste.

Qui ose profaner l’ambiance ? Se balader comme si de rien n’était avec affiché sur le torse le visage du prince de Bel-Air (à l’âge adulte) ? Et je ne parle pas ici d’un curieux égaré là en croyant assister à une séance de méditation collective, abusé par Mantra, le nom d’un des groupes programmés. J’évoque un ultra fan le poing levé qui hoche la tête en rythme. Ce type est capable de débarquer à un rassemblement de Hells Angels en Vespa jaune fluo. Et vous savez pourquoi ? Il est pile poil entre deux moments, dans un espace – affranchi des snobismes et du regard des autres – qui ne dure que quelques mois : il a 13 ans.

S’il avait eu le choix, Eflam* aurait choisi son tee-shirt Megadeth. Mais il n’a pas eu le temps de se changer vendredi en fin d’après-midi quand son père lui a fait la surprise. Débarqué en mode parachutiste, il a retrouvé sur place ses deux potes Mael et Melaine, eux aussi amateurs éclairés de cette musique qui chauffe à blanc toutes les cordes. Les trois comparses envisagent de créer un groupe… Quand ils auront trouvé un batteur et un chanteur, me disent-ils. J’aurais aimé donner ici le nom du futur combo, mais ils en débattent encore.

Il y avait un vent de liberté au Liberté vendredi soir. La vraie liberté, pas celle qui pose et fait de grands discours, la liberté de profiter à fond du moment en oubliant d’évaluer l’opinion des autres. C’est peut-être une caractéristique de la scène metal ? En espérant vous retrouver sur scène un de ces quatre… continuez à vous amuser les gars. On s’en fout du tee-shirt.

Raoul Kalin

* Les prénoms n’ont pas été modifiés pour que chacun puisse se reconnaître

Quand la moutarde monte au nez, les poings se lèvent, disait un cousin éloigné de B. Marley, cuisinier au Zimbali’s Mountain Cooking Studio. Mais entre les premiers murmures et l’incendie, il n’est pas trop tard pour agir. L’observateur voit onduler toute une gamme d’émotions à la surface de la soupe comme de timides mises en garde. Chroniqueur du festival, il est de mon devoir de pointer du doigt les signes avant-coureur de la colère. I’m from Rennes a bâti sa réputation sur une programmation aux petits oignons, une ambiance chaleureuse et des bénévoles dévoués corps et âme. Tout est-il aussi rose que le cœur d’une saucisse avant la cuisson ? Je m’interroge. Cette question vient troubler ma quiétude.

Mercredi 22 mai, ces fameux bénévoles participaient à une petite soirée de mise en jambe, à la Maison Bleue, boulevard de Verdun, tout en écoutant l’électro-rock plutonique des encapuchonnés Strup. Dans le dos du public, deux silhouettes fantomatiques à peine visibles derrière un rideau de fumée. Non, ce n’était pas une mise en scène audacieuse. Une chorégraphie volcanique et bizarre. Mais deux ouvriers de la saucisse, le visage rougit par les braise, qui s’activaient pour délivrer un produit de qualité, grillés à la perfection (de juteuse à roasted pour satisfaire – sans juger – les goûts les plus éclectiques). Ils n’ont que faire de l’odeur incrustée dans leur jean qui anéantit leur sex appeal. Ces gens-là, modestes, s’abiment dans l’amour du travail bien fait. Leur fierté à eux n’est pas d’être adulés, photographiés, désirés… Non ! Leur honneur réside dans une saucisse livrée chaude et au bon moment.

Inutile de forcer le trait, vous avez compris où je veux en venir. Oui, très bien. Lors des prochains concerts d’IMFR, partagez donc un peu de votre admiration (ou faite mine). Donnez du love, du like, du kiss aux serveurs, cuisiniers, roadies et petites mains calleuses qui activent la pompe à bière. Plein.

Raoul Kalin